La mémoire fantôme, Franck Thilliez
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L’histoire
Suite à une agression survenue il y a quelques années, la mémoire de Manon ne dure que quelques minutes. Dans ces conditions, difficile pour elle d’expliquer l’origine des traces de liens qui sont apparues sur ses poignets. Pourtant, avant de perdre la mémoire, elle menait une sorte d’enquête sur l’assassin de sa sœur, surnommé le Professeur. Celui-ci serait-il de retour ? Lucie Hennebelle, l’inspectrice si attachante des romans de Thilliez, va donc tenter de l’aider à retrouver la trace de son agresseur, en se confrontant sans cesse à son amnésie. Par ailleurs, pour les fans de Hennebelle, on découvre enfin l’origine de son attirance pour le mal, et ce que contient son mystérieux petit placard…
Une idée ingénieuse
Il ne s’agit pas là d’un policier ordinaire, puisque le récit s’articule autour de la mémoire malade de l’héroïne, ce qui présente d’emblée un intérêt remarquable.
Thilliez a pensé à tout, du coup cela fonctionne très bien : Manon a un système électronique lui permettant de noter et de conserver ce qui lui semble important, des alarmes la préviennent de ce qu’elle a à faire, et le choc qu’elle ressent à chaque fois que l’amnésie réapparaît est d’un grand réalisme. Sans parler des faiblesses que cela entraîne, facilement exploitables par l’entourage à supposer que celui-ci soit pervers. Du coup, en parallèle à l’intrigue policière, La mémoire fantôme est aussi un roman sur ce personnage étrange dont le quotidien est fascinant.
Lucie Hennebelle
L’inspectrice a évolué depuis La chambre des morts, ses jumelles ont grandi, et nous la retrouvons avec grand plaisir. Elle dort toujours très peu, et a des difficultés à rendre compatible sa vie de famille et sa vie d’inspectrice, avec en prime des étudiants qui se mêlent d’un peu trop près de sa vie privée. Dans la chambre des morts, Thilliez avait attiré notre attention sur cette jeune femme seule, attirée par le mal et nourrissant un intérêt pathologique pour le morbide et le malsain. Très documentée sur les serials killers, Lucie étonnait ses collègues par ses connaissances en la matière, et possédait même une étagère secrète sur laquelle s’entassait des livres et des objets ayant un rapport avec cet univers malsain, sans que l’on ne sache jamais quelle en était l’explication. Il fallait donc que la solution soit à la hauteur du problème et du suspense créé. Cette solution apparaît dans La mémoire fantôme, et il faut bien reconnaître qu’elle est tout sauf décevante.
