Le Chinois, Henning Mankell
| Vous avez aimé Le Chinois... | ( 1 Vote ) |
Le dernier roman du Suédois Henning Mankell enfin à ma disposition, je me suis mise à la tâche, que je supposais agréable et peut-être même palpitante, comme souvent avec Mankell, qui ne m’a jamais déçue. C’est d’ailleurs le premier de ses livres que j’ai l’occasion de lire en broché, ce qui amplifie mon plaisir, bien que le livre paraisse énorme, avec ses 550 pages. Mais le bilan s’avère plus que mitigé.
L’histoire
Tout commence plutôt très bien (pour le lecteur) : 19 personnes ont été massacrées dans un petit village enneigé et isolé, et il n’y aucun indice permettant de cerner le mobile ou l’identité du ou des meurtriers. Les descriptions sont froides, précises et mordantes, l’atmosphère est du même acabit, et le lecteur est plein d’espoir.
Add a commentLes instructions, Adam Levin
| Vous avez aimé Les Instructions... | ( 1 Vote ) |
Livre époustouflant et ambigu.
L’histoire ?
Il n’y a pas d’histoire, pourrait-on dire, il n’y a que des interprétations possibles, sans lesquelles justement ce récit perd tout son sens. Et peut-être qu’une seule lecture ne suffit pas pour en adopter une qui semblerait convaincante. C’est un comble, pour un bouquin de 1000 pages, que d’exiger une seconde lecture, et pourtant…
Mais alors ?
Tout est là. Ce livre est vraiment, comme ce livre qu’il essaie de raconter, un livre sacré. Mais dire cela est déjà une interprétation qui pourrait se révéler totalement fausse. Pourtant, il faut à un moment ou à un autre le supposer. Disons que c’est une étape de lecture, à laquelle je suis restée, dont je suppose qu’elle est inachevée, mais qui pourrait être définitive.
Add a commentRetour à Killybegs, Sorj Chalandon
| Vous avez aimé Retour à Killybegs... | ( 2 Votes ) |
Retour à Killybegs, Sorj Chalandon
Du poids des préjugés
Voilà typiquement le livre que je n’aurais jamais pu lire si on ne me l’avait pas conseillé. Tout semblait s’opposer à ce que je le découvre : d’abord, le précédent livre de Chalandon sur le même sujet, Mon Traître, m’avait été recommandé par une prof de maths, ce qui m’avait laissée dubitative, tant les préjugés sur les profs de maths, bien que souvent démentis, ont la vie dure. Ensuite, le sujet lui-même m’invitait fort peu : l’IRA, la grisaille, une histoire que je connais mal et qui m’intéresse peu. A vrai dire, à part U2 et 2 ou 3 films vaguement intéressants comme Au Nom du Père, l’histoire de l’Irlande me laisse froide, et mon ignorance radicale des faits joue certainement une part importante dans le maintien de cette indifférence.
Où il est question de terrorisme et de James Coburn
J’ai beaucoup de problèmes avec le terrorisme. Non que j’en aie été la victime ou la complice, mais simplement, il m’est très difficile de faire la part des choses entre le terrorisme et la résistance légitime, celle-ci devant bien souvent s’accommoder de celui-là. M’intéresser à l’IRA n’aurait plus que compliquer encore davantage les choses, et embrouiller mes idées déjà très confuses sur la question. Enfin, la personne qui m’a recommandé Retour à Killybegs m’a fait un argumentaire déroutant, en me racontant que le héros était un traître, « mais surtout ne t’inquiète pas, on le sait à peu près depuis le début. » Bon. C’est ce qu’affirmait aussi la quatrième de couverture. Malheureusement, ce n’est pas exact. On l’apprend tout de même assez tardivement, et j’aurais pu accéder moi-même à cette information, cela aurait été nettement plus savoureux. D’un autre côté, si cette information n’est pas révélée, il est possible qu’il n’y ait plus grand-chose à raconter pour présenter le livre. En dépit de ces difficultés d’accès relativement importantes, je m’emparais du livre, principalement pour ne pas blesser celle qui me le conseillait, mais aussi vaguement attirée par la photo de son auteur sur la bannière de la couverture : ses yeux gris et sa coupe grisonnante m’évoquaient James Coburn, appartenant lui-même à l’IRA dans Il était une fois la Révolution. Etant donné mon amour pour ce film et surtout pour les flash-backs irlandais, cette réminiscence venait à point nommé, bien qu’avec le recul, je doive admettre que la photo de Chalandon est trompeuse.
Add a commentLimonov, Emmanuel Carrère
| Vous avez aimé Limonov... | ( 1 Vote ) |
LIMONOV
Dans mon entourage, Emmanuel Carrère n’a pas la cote. Impossible de savoir pourquoi. Quand je dis aux gens que j’aime les livres d’Emmanuel Carrère, je vois des moues dubitatives, on s’interroge, « Ah oui ? », « Ah bon ? », sans grand enthousiasme. Peut-être parce qu’il a écrit L’Adversaire. Ce goût pour le morbide, le fait divers, la menace qui plane sans que l’on sache vraiment si elle vient du romancier qui nous met de sales histoires sous les yeux, ou du réel lui-même duquel on ne voudrait pas tant savoir. J’ai aimé L’Adversaire aussi, et La Classe de Neige, et les autres. J’aime son goût pour ces drôles d’histoires, et j’aime le malaise que je ressens lorsque je le lis.
La facilité supposée de Carrère
Parce qu’Emmanuel Carrère écrit drôlement bien. Il me semble impossible de ne pas dévorer ses livres, tant tout coule de source, naturellement, sans effort. Enfin si, il faut des forces pour lire Carrère, je suppose, l’effort de comprendre le mal que Carrère choisit de dépeindre, l’effort d’expliquer à sa place. Car Carrère est pudique, il ne raisonne pas. Un roman facile, c’est un roman où le lecteur n’a absolument rien à faire, un roman qu’il peut abandonner une heure et reprendre ensuite sans s’être transformé entre temps, sans s’être posé de questions entre temps, un roman facile, finalement, c’est un roman facile à lire, non ? Il est facile de lire Carrère, car tout est si simple et beau qu’il est presque impossible de laisser tomber le livre. Mais en même temps, c’est un exercice à chaque fois douloureux, pénible, et presque métaphysique. J’aime Carrère parce qu’il m’apporte tout ce que je demande à un écrivain : qu’il m’accroche et me transforme.
Ce que nous apprend Limonov
J’aime Limonov. Limonov m’a transformée, comme chaque livre de Carrère. J’ai été transformée par le Roman Russe à cause de la scène de la gare perdue en Russie qui m’a hantée par sa poésie terrifiante de longues semaines. J’ai été transformée par Limonov, parce que ce livre m’a appris des choses incroyables sur la Russie, sur les préjugés que j’avais et donc sur moi, et surtout, j’ai été transformée par Limonov parce que, même si je suppose que cela n’était pas du tout le but de Carrère, je suis devenue fan de Vladimir Poutine.
Add a comment

![Limonov Prix Renaudot 2011 [Broché] Emmanuel Carrère](/images/41MdcHOtGL._SS500_.jpg)