La dame n°13, SOMOZA
| Vous avez aimé La Dame n°13... | ( 1 Vote ) |
De la difficulté à écrire PLUSIEURS bons livres
Il semble que lorsque je découvre un auteur, lorsque je découvre un style et une façon originale de raconter des histoires, je m’emballe excessivement. Le premier livre que j’ai lu de Somoza fut Clara et la Pénombre. Il s’agit d’un livre fabuleux, magique, poétique, regorgeant d’idées tout en étant captivant et ô combien intéressant. J’avais emprunté ce livre au Médiabus. Il faut savoir que le Mediabus s’adresse principalement à des personnes âgées ou incapables de se déplacer. Il faut savoir également que l’on prête aux personnes âgées des goûts très mauvais, le Médiabus regorgeant de romans historiques à la Juliette Benzoni, ou de romans de Marc Lévi. J’eus donc un choc en découvrant dans le Médiabus un livre en collection Actes Sud, gage d’une qualité supérieure à tout ce que mon œil dédaigneux avait pu capter dans ce bus. Que l’auteur me fut totalement inconnu m’embarrassait, certes, mais j’étais prête à courir ce risque, préférable à mon sens au risque qu’il y aurait pour moi à découvrir les talents d’un Guillaume Musso. Une fois le livre achevé, évidemment, comme à chaque fois que je découvre un auteur, je fus prise de l’envie dévorante de lire tout ce qu’avait pu écrire Somoza. Mais au Médiabus, il n’y avait rien, et je ne me risquais pas encore, à l’époque, aux joies de la bibliothèque municipale. J’achetai donc La Caverne des Idées, candidement attirée par ce titre érudit et paradoxal. Quelle ne fut pas ma déception, en découvrant la taille minuscule des caractères ! De quoi s’agissait-il au juste ?
Je ne sais, et ne le saurai probablement jamais. Je suis loin d’être myope, mais un certain confort visuel m’est indispensable pour pouvoir profiter d’un livre.
Tentative
Quelques années plus tard, devenue une adepte de la bibliothèque municipale, j’y trouvai La théorie des Cordes, roman de Somoza assez intéressant, qui se laisse lire comme une friandise pendant la première moitié de l’ouvrage avant de devenir trop rapidement inexplicablement indigeste et épuisant. Je fus donc assez déçue par son auteur, qui décidément avait du mal à tenir ses promesses. Jusqu’à ce que, persévérant dans mon effort de retrouver les sensations obtenues à la lecture de Clara et la Pénombre, j’emprunte la Dame N° 13. J’avais lu des critiques extrêmement élogieuses, et je ne prenais donc, semble-t-il, guère de risques. Or, je n’ai même pas pu le lire jusqu’au bout ! La théorie des cordes est certes une escroquerie, mais réaliste et crédible puisque l’action s’y déroule dans le futur. La Dame n° 13 ne peut profiter d’aucune excuse de ce type.
Ce dont il s’agit
En gros : un jeune homme rêve qu’un meurtre particulièrement effrayant est commis dans une villa lugubre. Il prend peur et s’en va donc voir un psy, lorsqu’il réalise qu’il s’agit d’un assassinat qui a réellement eu lieu. Se rendant sur les lieux du crime, il rencontre une jeune femme mystérieuse qui , ô magie du roman, a fait exactement le même rêve ! Ils mènent donc leur petite enquête, qui leur apprend que les coupables semblent être des sortes de muses, immortelles, toutes-puissantes, ayant inspiré les plus grands poètes et jouissant d’une puissance et d’une cruauté extraordinaire. Je n’ai pas pu aller plus loin.
La poésie paranormale comme genre suspect
Les personnages principaux sont attachants, l’héroïne, comme toujours, d’après mon expérience que je reconnais réduite, chez Somoza, est terriblement sexy, mais l’intrigue est si poétique, si littéraire, si incrédible, que la dame m’est tombée des mains. La poésie du paranormal, des muses immortelles qui viennent tracasser un malheureux clampin qui, comme moi, n’y comprend goutte, bien que moi je ne fasse pas de rêves prémonitoires : je n’ai pas pu dépasser la moitié du livre. Et comme il n’est guère dans mes habitudes de me forcer à lire ce que je n’aime pas, je dois donc conclure que j’ai un problème avec les auteurs que je découvre et les promesses que j’imagine qu’ils me font.
