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La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker

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De quoi parle La vérité sur l'affaire Harry Quebert ?

Marcus Goldman n’a pas d’inspiration pour son prochain roman, ce qui le place dans une situation délicate vis-à-vis de son éditeur. Il décide donc de se rendre chez son ancien professeur et ami, le grand écrivain Harry Quebert, qui vit dans la petite ville tranquille d’Aurora, au bord de l’océan. Là, il met la main sur des documents laissant à penser que Harry Quebert fut l’amant, il y a trente ans, d’une adolescente de quinze ans, Nola. Mais peu de temps après cette découverte, le squelette de Nola est découvert dans le jardin de Quebert. Marcus est alors bien décidé à obtenir la vérité sur cette affaire.

Un roman en demi-teinte

Le roman de Joël Dicker touche à des thèmes romanesques passionnants : l’amour impossible, le meurtre, ou encore la création littéraire. Il est lui-même à bien des égards captivants : l’on se prend rapidement de sympathie pour ce jeune romancier flambeur décidé à sauver l’honneur de son mentor. L’enquête elle-même est pleine de surprises et de rebondissements, et, surtout dans le dernier quart du livre, on assiste à un véritable drame humain, aussi bouleversant qu’émouvant. Pourtant, il y a, dans ce roman considéré comme un outsider de la rentrée littéraire 2012, beaucoup d’éléments qui gâchent le plaisir de la lecture, et en ternissent les effets dramatiques.

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Les leçons du mal, Thomas H. Cook

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De quoi parle Les leçons du mal ?

Jack Branch enseigne dans un lycée d’une petite ville du Mississipi. Ses élèves, provenant de milieux défavorisés, ont peu d’ambition, et il a décidé, pour éveiller leur curiosité, de traiter du Mal, en leur en présentant diverses incarnations historiques ou littéraires. Mais ces « leçons du mal » vont aller plus loin qu’il ne se l’était imaginé, lorsqu’il encourage un de ses élèves, fils d’un tueur, à écrire un devoir sur son père.

A la découverte d’un grand auteur

Je vous ai parlé il y a peu des Liens du Sang, roman de Thomas H. Cook qui m’avait captivée par son lyrisme et son érudition, et m’avait décidée à lire d’autres titres de cet auteur. Les leçons du mal se situent dans la même veine. On y retrouve une érudition impressionnante, mise au service d’une intrigue qui n’est pas vraiment « policière », mais plutôt psychologique. Le narrateur raconte les événements qui ont transformé son existence, auxquels il n’était absolument pas préparé. Jusqu’à la dernière page, nous ignorons quelle est la nature de ces événements, et n’en devinons que la teneur, sombre et à même de modifier la vie d’une communauté apparemment tranquille. Le mystère plane donc sur le roman, qui alterne entre le passé lointain, le passé proche et le présent.

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La terre des mensonges, Anne B. Ragde

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De quoi parle La terre des mensonges ?

Dans la famille Neshov, il y a d’abord Tor, le fils aîné, qui s’occupe de la maison et de l’élevage de porcs. Il y a ensuite Margido, qui n’a plus de rapports avec la famille depuis sept ans, et qui travaille dans les pompes funèbres. Puis il y a Erlend, le benjamin, homosexuel parti vivre à Copenhague. Enfin, il y a Toorun, la fille de Tor, qui n’a rencontré son père qu’une fois. Les trois frères et la jeune femme sont amenés à se retrouver au chevet de la matriarche, mourante.

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Nécrologie, Paul Cleave

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De quoi parle Nécrologie ?

Théodore Tate assiste à l’exhumation du corps d’un homme, qui a peut-être été empoisonné. Il y a deux ans de cela, il était trop plongé dans ses problèmes personnels pour mener à bien cette enquête, et aujourd’hui, il est contraint, bien que sa position ne soit plus la même, de faire déterrer le corps pour l’autopsier. Sauf que… Au moment où le cercueil remonte, trois cadavres remontent également du lac voisin. Et lorsque le cercueil est ouvert, le cadavre n’est pas celui que tout le monde s’attendait à y trouver…

Un roman très noir

Je n’ai lu ni Employé modèle, ni Un père idéal, aussi l’univers de Paul Cleave m’est absolument étranger. Mais, d’après ce que j’ai entendu dire sur ses précédents romans, je suppose que Nécrologie marque un tournant, dans la mesure où ce qui semblait être la marque de fabrique de Cleave, à savoir une bonne dose d’humour noir et de cynisme, ne peut pas caractériser Nécrologie. Le narrateur, Théodore Tate, est un homme qui a tout perdu, et qui se rend compte, au fil des événements, qu’en réalité il possède encore une chose à perdre. Le désespoir de ce personnage, dissimulé par un pragmatisme et un réalisme détonants, est absolument fascinant. Détail après détail, scène après scène, la noirceur du monde dans lequel il vit se révèle, et nous pénétrons avec lui dans cet univers macabre. Mais il ne s’agit pas d’un héros cynique ou à l’esprit tordu : il est ému par toutes les personnes qui souffrent, et sa manière, délicate et emplie de sagesse, d’évoquer tous les déshérités de ce monde est à la fois émouvante et glaçante.

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J’aurais voulu être quelqu’un de bien, Xavier Seyracq

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De quoi parle J'aurais voulu être... ?

Marco a quarante ans, et il a une bonne situation professionnelle. Pourtant, la vie qu’il mène ne le satisfait pas. Un appel de son ancien ami Jean-Luc, qui vient de perdre son père, va le ramener brutalement à la vie, aux souvenirs des temps heureux, et à ceux qu’il a aimés. Mais revenir à la vie, c’est aussi revenir à son absurdité…

La fuite du temps

Où que ses pas le mènent, le narrateur de J’aurais voulu être quelqu’un de bien est toujours confronté à la fragilité. Fragilité de l’existence, lorsque les proches meurent ou vieillissent, fragilité du bonheur, lorsque les endroits qui lui ont procuré du bien-être se sont tellement transformés qu’ils sont devenus méconnaissables, fragilité des relations aux autres, aussi, qui n’ont jamais vraiment les mêmes attentes et les mêmes buts. Ce roman raconte comment un homme qui a renoncé à la vie par crainte et frilosité, va peu à peu y reprendre goût, jusqu’à nouveau s’en dégoûter. Marco est un héros très schopenhauerien, pessimiste et assez insensible : il a vite compris que le désir ne peut aboutir qu’à la souffrance ou l’ennui, et que l’existence est absurde et dérisoire. D’autant plus touchante est alors sa tentative pour feindre l’amusement, et oublier aux côtés de son ami d’enfance à quel point le temps passe vite et le laisse impuissant. Les chapitres de J’aurais voulu être quelqu’un de bien sont autant de vagues qui, pleines et vives au début, finissent en embruns, tant les efforts du narrateur pour donner du sens à une vie qu’il estime ratée sont sincères, avant de s’écraser contre le mur de son amertume.

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La fille au tatouage, Kristina Ohlsson

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De quoi parle La fille au tatouage ?

Jacob Alhbin et sa femme Marja viennent d’être retrouvés morts dans leur appartement. Selon les premiers éléments de l’enquête et la lettre écrite par Jacob, tout semble indiquer que l’homme s’est suicidé après avoir tiré sur son épouse. Il aurait mal supporté que sa fille Karolina soit décédée d’une overdose. Mais lorsque le corps d’un sans-papier est retrouvé, percuté par une voiture, la brigade de Frederika comprend qu’elle a mis les pieds dans une histoire bien complexe.

Un problème d’emballage

La fille au tatouage est un titre trompeur, ne correspondant pas du tout au contenu du livre. En découvrant ce titre, j’ai pensé à Lisbeth Salander : tatouage et thriller suédois m’ont immédiatement fait penser à l’héroïne inoubliable de Millenium. On imagine, en tout cas, que l’héroïne du roman sera une fille caractérisée par son tatouage. Mais il faut rapidement abandonner cet espoir, puisqu’il n’y a pas vraiment d’héroïne dans La fille au tatouage, et qu’il n’est pas non plus question de tatouage, ou alors comme il serait question de boucles d’oreille. La couverture est elle aussi problématique : elle met l’accent sur un des personnages du livre dont la mort ne commence à poser problème que vers la moitié du roman, et dévoile par là un des principaux rebondissements. Enfin, la quatrième de couverture va elle aussi trop loin, révélant ce qui va arriver à un personnage, éliminant par là toute surprise.

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Lecture en cours

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Tolkien, Lettres du Père Noël
jeudi 26 décembre 2013

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