La fille sans qualités, de Juli Zeh
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Ada est une adolescente de quinze ans, qui vit avec sa mère et fréquente une prestigieuse école privée de Bonn. Pas très belle mais extrêmement cultivée et intelligente, elle court énormément et fume beaucoup. Mais surtout, Ada ne ressent rien, et transforme cette apathie en philosophie : tout se vaut et il n’y a donc rien à croire, ou, inversement, il est possible de tout croire. Son quoitidien est transformé lorsqu’un nouvel élève, Alev, arrive dans sa classe. Enfin un être qui semble la comprendre, et dont l’intelligence est à sa mesure. A eux deux, ils vont mettre au point un certain jeu malsain, dont le pion principal sera un membre de leur entourage.
La longueur
Le roman est beaucoup trop long pour l’histoire qu’il se propose de raconter, et qui, au mieux, aurait pu constituer une nouvelle intéressante. Comme il n’y a pas grand-chose à raconter, presque tous les chapitres commencent par une bonne page de description météorologique. L’ennui devient rapidement écrasant.
La déception
La fille sans qualités commence par un préambule justifiant le roman. Le lecteur averti se douterait bien déjà, que les choses vont mal tourner : en général, les mauvais romans s’excusent d’exister avant de commencer. Ce préambule est écrit par la narratrice, une juge qui nous prévient donc qu’elle va nous raconter l’histoire qu’elle a dû juger, que cette histoire est bien plus que troublante, et que si ce n’est pas un jeu, alors tout est perdu. On a beau chercher, une fois le livre achevé, ce qui a pu provoquer tant d’émotions, on ne trouve pas grand-chose.
Le titre du livre promet lui aussi une belle déception, si on s’attend à trouver un Musil du vingt et unième siècle en Juli Zeh, bien que l’homme sans qualités semble bien être la référence du roman, puisque, par exemple, c’est l’œuvre étudiée par la classe d’Ada en cours d’allemand.
L’égarement
Les personnages sont censés être très intelligents. Pourtant, dès qu’ils s’expriment, il y a un problème, tant l’auteur a dû mal à leur faire tenir des propos à la hauteur de l’intelligence qu’elle leur prête. Ils se perdent en circonlocutions creuses et vaseuses, qui , une fois explorées, se révèlent absurdes et inintéressantes. Add a comment
Vendetta de R. J. Ellory
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L’histoire
Vendetta ne se réduit que difficilement à une seule histoire, ou alors il s’agirait de l’histoire du Milieu, explorée sous différents angles. Le corps d’un homme mutilé est retrouvé dans le coffre d’une voiture, à la Nouvelle Orléans. Un inspecteur, Verlaine, se voit confier l’enquête, mais très rapidement, et suite à l’enlèvement de la fille du gouverneur, l’enquête est confiée au FBI, qui piétine. Jusqu’à ce qu’un homme étrange accepte d’en dire plus sur l’enlèvement, à une condition : il ne parlera qu’à Hartmann, un enquêteur new-yorkais totalement étranger à cette affaire. Vendetta est pour une grande partie le récit de cet homme étrange et fascinant, récit écrit d’une main de maître par Ellory.
Une histoire de mafia
Ellory choisit dans Vendetta de nous faire pénétrer l’atmosphère de la mafia américaine. L’histoire des différentes familles, richement documentée, de leurs intrications dans les affaires et la politique, et surtout des règlements de compte entre ces personnages cruels et immoraux, pour lesquels pourtant rien ne semble compter excepté la famille, est donc racontée par Perez, d’origine cubaine, qui a fait partie du milieu. Le fait que Perez ne soit pas de sang italien aide le lecteur à s’immiscer doucement dans l’histoire, et à abandonner ses préjugés sur la mafia, préjugés répandus par de nombreux films, ayant tous en commun de nous rendre finalement la mafia assez sympathique. Le récit que propose Ellory n’a pas le même objectif : on y découvre des personnages dangereux et prêts à sacrifier toute innocence, même celle d’enfants, sur l’autel de leurs intérêts financiers et familiaux. Add a comment
Millenium People, de J. G. Ballard
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La nouvelle science-fiction britannique
Souvent cité comme un de ceux qui participa à renouveler la science-fiction, pour lui donner un air davantage subversif et touchant, Ballard est en effet surprenant, et le reste au fil des lectures. Cronenberg ne s’y est certes pas trompé, lui qui adapta au cinéma Crash, film tout aussi puissant que le roman dont il est tiré, parvenant à conjuguer avec brio les obsessions de l’auteur et du réalisateur. Cette « nouvelle » science-fiction qu’est Millenium People est en effet en ligne directe de cet héritage, qu’il faudrait davantage qualifier de politique-ficition, ou de sociologie futuriste, la science étant chez Ballard éliminée au profit de l’analyse des corps et des consciences du futur. Et le futur lui-même pourrait davantage être compris comme un autre présent, un autre monde possible, que comme ce qui se produira dans quelques années, d’où le sentiment de proximité envers les héros des livres de Ballard.
L’histoire de Millenium People
Dans un futur qui n’est donc pas si lointain, Markham, psychologue, perd son ex-femme dans un attentat terroriste non revendiqué. Cette perte le touche au plus profond de lui et il décide donc, pour y voir plus clair et comprendre les événements, de se mêler à la foule des mécontents, dans l’espoir de débusquer les terroristes responsables de la mort de son ex-femme. Cette quête le conduira de manifestations contre les salons pour chat à un quartier résidentiel dont les habitants entreprennent des actions radicales pour obtenir des tarifs de stationnement moins élevés. Car c’est bien là un des problèmes qui obsèdera l’homme de demain et pour lequel il sera prêt à sacrifier sa vie : pas la religion, pas la liberté, pas la politique, mais bien les places de parking :
Quand arrivera l’apocalypse, le problème principal sera le parking. Add a comment

